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Chapitre 1 : Des ténèbres à la lumière-
« C’est
pour te faire voir tout cela qu’on t’a amené jusqu’ici. »
Ezéchiel 40-4
Athéna et ses Chevaliers regagnaient peu à peu
leur Terre. Les bulles de vie offraient une protection incroyable
par rapport au chaos qui régnait ici. Tout s’effondrait.
Elision, Giudecca, la 5ème Prison, le Cocyte…Les enfers
disparaissaient peu à peu, et tous les morts qui étaient
condamnés à une souffrance éternelle furent
libérés de leurs atroces Prisons. Ils disparurent,
pour s’endormir paisiblement dans un sommeil éternel,
quelque part. Dans un endroit qu’Athéna sera forcée
de créer étant donné qu’il n’y avait plus
de Dieu pour régner sur le monde des morts. Le repos
éternel des ses dévoués Chevaliers et principalement
celui de Seiya en dépendait.
Désormais, plus personne n’attendrait sur les berges
du fleuve Achéron.
Alors
qu’ils étaient entre deux univers, Shiryu regarda derrière
lui et se dit qu’il quittait un monde en train de mourir pour
en retrouver un autre en train de renaître. De ses yeux
embués, il regardait Seiya avec une grande affection.
Son ami ne verrait rien de cette renaissance, mais au plus profond
de lui, il sentait que Seiya avait conscience de son acte héroïque,
de sa portée sur le monde.
Tous pleuraient la mort de leur ami. Pourtant, ils avaient vaincu
le plus terrible ennemi de l’humanité mais seule la disparition
de Seiya occupait les esprits. « Un seul être
vous manque… »
Personne ne remarqua alors qu’entre ces deux mondes, les armures
divines entamèrent une lente mutation. Les ailes du Kamui
de Seiya commençaient à se rétracter doucement,
les motifs chamarrés du Kamui d’Ikki disparaissaient
progressivement jusqu’à ce que les armures divines devinssent
les armures de Bronze qu’elles n’avaient jamais cessé
d’être. Elles reprirent la forme qu’elles avaient juste
après avoir reçu le sang d’Athéna.
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« Mais…que se passe-t-il ? » interrogea
Hyoga qui avait enfin remarqué le changement.
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« Les Kamuis sont les armures que seuls les Dieux
ont le droit de porter. Nous avons certes eu ce privilège
et même si nous avons atteint un court instant la puissance
capable de vaincre des Dieux, notre condition d’hommes nous
pousse à rendre ces attributs. Ils ne nous appartiennent
pas, ils ne nous appartiendront jamais. Dans notre monde, nous
ne serons jamais rien d’autre que des hommes parés d’armures
de Bronze. Telle est notre place. »
Shiryu,
toujours très attentif aux dires de vieux Maître,
avait déjà entendu parler d’ armures supérieures
à toutes celles connues jusqu’ici et qui ne pouvaient
être portées que par des Dieux. Jamais il n’aurait
imaginé un jour en porter une. Il se revit, enfant sage
et discipliné pendant son entraînement sous la
Cascade de Rozan, aux Cinq Pics. Il avait le souvenir d’un entraînement
long et difficile mais il avait surtout le souvenir d’une période
heureuse. Tout ceci lui laissait un goût amer. Lui aussi
avait perdu beaucoup dans cette bataille. Il se sentait maintenant
comme un orphelin.
- « Vieux Maître… » murmura-t-il.
La
détresse de Shiryu, bien que très digne, était
perceptible…presque palpable. Il pensait aussi à Saori
qu’il voyait penchée sur le corps de Seiya. Etait-elle
une déesse à ce moment précis ? Et
que devait-elle penser ? Elle, qui en sauvant l’Humanité
toute entière au prix d’innombrables sacrifices, n’avait
pas réussi à sauver le seul pour qui elle éprouvait
un sentiment encore plus fort que l’amour pour les hommes ?
L’amour pour un seul homme.
- « A quoi bon ? » pensa-t-il.
Shun
considéra ses chaînes redevenues normales avec
un certain mépris. Souvent ses chaînes fendirent
l’air pour empêcher qu’une sentence fatale ne s’abatte
sur l’un de ses frères d’armes. Mais là, il n’en
fut rien.
- « Trop vite… Trop vite... »
répétait-il inlassablement.
« L’Epée est partie trop vite, je n’ai
pas pu l’arrêter…Quel genre de chaîne es-tu ?
Tu as failli à ta mission Chaîne Nébulaire. »
dit-il rageusement.
D’un geste violent, il ôta ses protections des avant-bras
où se logent les chaînes et fondit en larmes.
S’il savait… Même si sa chaîne s’était enroulée
autour de l’Epée d’Hadès, elle se serait brisée
en un instant. Sa fabuleuse Chaîne Nébulaire n’aurait
de toutes façons cette fois-ci rien pu faire.
- « Seiya, pardonne-moi… »
Hyoga
pleurait en silence. On ne l’entendit pas. Seiya venait se rajouter
à la triste liste qui faisait de lui un Chevalier écorché
vif.
- « Maman, Isaak mon ami, Camus mon Maître,
et maintenant toi Seiya, mon frère. »
Hyoga essuya une dernière larme et se promit d’offrir
au Chevalier de Pégase un Cercueil de Glace qu’il créera
plus solide et plus beau que jamais.
-« Un de ceux dans lesquels seuls reposent les
héros. » laissa-t-il échapper.
C’est
alors qu’Ikki intervint.
- « Il faut penser aux vivants ! Ils ont
besoin de nous. Alors ressaisissez-vous et montrons-nous dignes
de nos morts…dit-il les yeux remplis de larmes. Croyez-vous
que Seiya aimerait vous voir ainsi ? L’Humanité
est sauve grâce à votre courage et votre volonté.
Soyez-en fiers Chevaliers ! »
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« Tu as raison mon frère. Le monde est sauvé.
Mais le prix à payer n’en est que trop lourd. »
répondit Shun qui jusqu’ici était effondré
mais dont les paroles de son frère lui redonnèrent
courage.
Ikki
avait cette particularité de ne jamais prendre de chemin
détourné pour exprimer ses idées, ce qui
n’était pas toujours du goût des autres. Pourtant,
cette fois-ci, il eut son effet. Même l’inflexible Shiryu
qui était sans doute celui sur qui Ikki avait le moins
d’influence laissa très involontairement échapper
un mot porteur d’espoir :
- « Shunrei… »
L’esquisse d’un sourire apparut alors au coin de ses lèvres.
- « Shunrei… »
Shun
se souvint alors de l’inscription gravée dans la pierre
qu’il avait lue à l’entrée des Enfers. « Vous
qui entrez ici, laissez toute espérance. »
Tous sont entrés, aucun n’a oublié.
Peu à peu, les Chevaliers d’Athéna réalisèrent
l’ampleur de la Victoire. C’est parce qu’ils ont refusé
de croire à ce qui était gravé à
l’entrée des Enfers qu’ils ont réussi l’impossible.
Shun se rappela qu’il fut le premier en compagnie de Seiya à
se jurer de ne jamais perdre espoir. Il ramassa ses chaînes
et les réajusta sur ses avant-bras.
Et c’est donc porteurs d’un nouvel espoir que les Chevaliers
d’Athéna atteignirent un Sanctuaire dévasté,
meurtri, orphelins de ses meilleurs Chevaliers. La légende
dira que les plus beaux et les plus forts d’entre eux avaient
tous souri en même temps avant de lancer leur ultime attaque
qui détruisit le Mur des Lamentations.
Le Sanctuaire pleurera longtemps la disparition de ses enfants.
Mais c’est du Sanctuaire que tout recommencera.
Il y avait là-bas cette frêle jeune fille entourée
de quelques Chevaliers gisant au sol qui avaient utilisé
leurs corps et leurs cosmos comme ultimes remparts pour la protéger
des assauts répétés du Dieu Thanatos.
Seika, la sœur tant recherchée de Seiya, vivante, rayonnante
telle la première lueur de ce nouveau monde inondé
de lumière en pleine renaissance.
L’aube d’une nouvelle vie.
Alors,
Saori se pencha délicatement sur Seiya qu’elle tenait
toujours entre ses bras, et lui susurra à l’oreille :
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« C’est pour te faire voir tout cela qu’on t’a amené
jusqu’ici. »
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